Le plumage et cycles

Oiseaux.info par Damien Thiebault
© BIODIDAC
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Le plumage


On nomme ainsi l'ensemble des plumes qui recouvrent le corps de l'oiseau. Les plumes ne poussent qu'en des zones déterminées de la peau appelées ptérylies. Les parties dépourvues de plumes sont appelées aptéries. L'agencement des plumes détermine le coloris de l'oiseau. Il est donc important que l'ornithologue amateur connaisse les caractéristiques du plumage : c'est en effet l'observation des différentes composantes du corps de l'oiseau qui permet de l'identifier.

On distingue plusieurs types de plumes. Les deux principaux sont les plumes de couverture et les pennes. Les premiers recouvrent le corps de l'oiseau, délimitent son contour et maintiennent sa température interne. Les deuxièmes sont celles qui permettent à l'oiseau de voler. Les pennes, tout en étant plus longues et plus robustes, sont moins incurvées et présentent un profil aérodynamique. Les oiseaux sont également pourvus de semi-plumes et de duvet formant une couche à la fois protectrice et isolante. Le nombre de plumes varie généralement selon la grosseur du corps de l'oiseau. par exemple, un colibri porte environ 1000 plumes et un cygne 25000 plumes. Le plumage contribue pour une grande part au poids de l'oiseau : chez la frégate, le poids du plumage est supérieur à celui du corps; chez les passereaux, il n'en représente que le tiers.


Cycles du plumage


© BIODIDAC
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Bien que l'oiseau prenne grand soin de son plumage, il est inévitable que la plume finisse par s'abîmer. Tous les oiseaux muent au moins une fois par an. Ils sont alors reconnaissables à l'aspect usé et effiloché des plumes prêtes à tomber. la mue est un phénomène complexe. Elle se fait en 2 étapes : l'oiseau se dépouille d'abord de ses plumes usées puis il commence le processus de renouvellement. La mue est complète lorsque toutes les vieilles plumes sont tombées et que toutes les nouvelles ont poussé. En pratique, il arrive toutefois très souvent que les mues soient interrompues ou qu'elles se chevauchent.


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La mue requiert de l'oiseau une quantité importante d'énergie. Il doit en effet fournir à son organisme une quantité suffisante de protéines pour régénérer environ le tiers de sa masse corporelle. Ce là explique l'air amorphe et fatigué de l'oiseau en pleine mue. Mais la nature fait bien les choses et le phénomène de la mue ne se produit qu'au moment où l'oiseau est prêt à fournir cet effort. La mue s'effectue donc quand les activités de l'oiseau sont réduites. Beaucoup de passereaux, par exemple, muent à la fin de l'été, après avoir fini d'élever leurs petits, mais avant que le froid ne rende la nourriture plus difficile à trouver. Ainsi, les oiseaux souvent exubérants au printemps se calment pendant la mue.


La mue des pennes est un processus délicat. Chez certaines espèces, l'oiseau se départit d'abord, de chaque côté, d'un même nombre de rémiges primaires, en partant de l'extérieur. Ce partage égal lui permet de maintenir son équilibre en vol. Il attend ensuite que les nouvelles plumes repoussent au moins d'un tiers avant de se défaire des plumes suivantes, et ainsi de suite. D'autres oiseaux font le contraire et se dépouillent d'abord de leurs plumes internes. D'autres encore commencent par le milieu et continuent progressivement vers les flancs. Les canards font preuve d'originalité : ils perdent en deux à quatre semaines toutes les plumes de leurs ailes, de sorte qu'ils sont incapables de voler jusqu'à la repousse, qui dure quatre ou cinq semaines.


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Parce-que les mues sont souvent interrompues, se chevauchent ou durent très longtemps, il est difficile d'établir précisément la durée moyenne de ce phénomène. De plus, la mue varie en fonction des saisons, de l'âge de l'oiseau et de son état général. A titre indicatif, on estime que la mue des rémiges d'un passereau s'étend environ sur six à huit semaines.


Duvet © BIODIDAC
Duvet © BIODIDAC
L'oisillon qui sort de sa coquille est soit presque nu (passereaux), soit recouvert de duvet (poussin ou caneton). Le plumage juvénile est le premier à laisser voir des plumes de couverture. En fait, c'est celui qui comporte pour la première fois des plumes permettant à l'oiseau de voler. Les plumages dits immatures sont ceux qui se succéderont entre le plumage juvénile et celui de l'oiseau qui a atteint sa pleine maturité sexuelle. Dans la plupart des cas, la première reproduction coïncide avec le début du cycle de plumages de l'oiseau adulte. Ce cycle se reproduira pendant le reste de sa vie. On discerne chez la plupart des espèces d'oiseaux deux mues annuelles : l'une hivernale, ou prénuptiale, et l'autre estivale, ou postnuptiale. Toutefois, certains oiseaux qui ne se reproduisent pas l'été arborent leurs plus belle livrée en période prénuptiale, et se mettent à muer avant la reproduction proprement dite. On voit donc que les termes employées pour définir les plumages ne correspondent pas toujours aux situations réelles.



Créé le 20/12/2002 par Damien Thiebault


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